Le Théâtre de Liège se charge de la diffusion de Pippo Delbono en France, en Belgique, en Suisse et au Québec.

Dates de tournées en saisons 2017-2018 et 2018-2019 :

 

  • À Zagreb (Théâtre National Croate) le 20 novembre 2017 / Vangelo
  • À Bolzano du 1er au 4 janvier 2018 / Vangelo
  • À Bruxelles (KVS) les 16 et 17 janvier 2018 / Vangelo
  • À Monthey (Théâtre du Crochetan) le 24 janvier 2018 / Vangelo
  • À Pise les 27 et 28 janvier 2018 / Vangelo
  • À Bologne du 1er au 4 mars 2018 / Gioia (création)
  • À Padoue du 7 au 11 mars 2018 / Vangelo
  • À Voronège (Russie) les 8 et 9 juin 2018 / Récits de juin
  • À Voronège le 10 juin 2018 / Vangelo
  • À Thessalonique le 27 juin 2018 / Vangelo
  • Au Festival d’Almada le 10 juillet 2018 / Vangelo
  • Au Festival d’Almada le 12 juillet 2018 / Gioia
  • Au Festival Boulevard (Bois-le-Duc) les 11 et 12 août 2018 / Orchidee
  • Au Centre Georges Pompidou à Beaubourg – octobre 2018 / Carte blanche
  • Au Maribor Theatre Festival le 27 octobre 2018 / Vangelo
  • Au Maribor Theatre Festival le 28 octobre 2018 / Gioia
  • À Modène du 8 au 11 novembre 2018 / Gioia
  • À Maubeuge le 14 novembre 2018 / Gioia

 

GIOIA (nouvelle création)

« J’ai choisi pour titre à mon nouveau spectacle La joie, un mot qui me fait peur, qui me rappelle des images de familles heureuses, d’enfants heureux, de paysages heureux. Mais tout cela est mort, tout cela sonne faux. J’ai été frappé par « La Mort d’Ivan Ilitch » de Tolstoï, où le protagoniste, aux derniers instants de sa vie, se réconcilie avec toute son existence, même avec les moments les plus tristes. À un moment, j’avais pensé à La mort joyeuse comme un titre possible. Mais un ami m’a dit : « Qui vient au théâtre pour voir un spectacle dans lequel il y a le mot mort ? En ce moment les gens vont au théâtre pour se relaxer même lorsqu’ils vont assister à des œuvres engagées sur le plan culturel, ils cherchent celles qui puissent les réconcilier ». Quelle peur de prononcer le mot mort ! C’est compréhensible s’il s’agit d’une mort spectaculaire, pathétique, mais pourquoi avoir peur d’accepter le mot mort avec calme et lucidité. Je me souviens être tombé à Manille dans un endroit où beaucoup de gens vivaient : une décharge publique. Il y avait une odeur répugnante d’égout. Partout, ordures, rats, oiseaux, insectes. Je me souviens de ces femmes qui lavaient leurs vêtements, elles se parfumaient, se maquillaient, et riaient beaucoup entre elles. Et je me souviens aussi qu’il y a quelques années en Inde, à Varanasi, la ville où les Indiens se rendent pour mourir, j’ai été approché par un grand groupe d’enfants qui sautaient et riaient comme des animaux fous. Leurs pieds étaient grands, déformés, gonflés comme des ballons. Mais leurs visages, leurs yeux, me transmettaient un sentiment de vérité, de lucidité, de vitalité, de joie. J’ai vu et vécu beaucoup des choses ces dernières années, souvent oubliées, mais ces yeux joyeux dans la décharge de Manille et sur la rive du Gange, seront avec moi pour le reste de ma vie. Je pense à ce spectacle La Joie comme à une histoire simple, essentielle. Je pense à la joie comme à quelque chose qui a à voir avec la libération du combat, de la douleur, du noir, de l’obscurité. Je pense aux déserts, je pense aux prisons, je pense aux personnes qui s’évadent de ces prisons, je pense aux fleurs ».

Pippo Delbono

 

Avec les comédiens de la Compagnie Pippo Delbono Dolly Albertin, Gianluca Ballarè, Bobò, Margherita Clemente, Pippo Delbono, Ilaria Distante, Simone Goggiano, Mario Intruglio, Nelson Lariccia, Gianni Parenti, Pepe Robledo, Zakria Safi, Grazia Spinella Production Emilia Romagna Teatro Fondazione Coproduction Théâtre de Liège, Le Manège Maubeuge –Scène Nationale

 

VANGELO

Contempteur des injustices de notre temps, chef d’une troupe familiale composée de professionnels et de laissés pour compte, l’instinctif et engagé Pippo Delbono produit un spectacle inspiré des Évangiles. Ici, théâtre et biographie se chevauchent, interagissent, s’alimentent. L’acteur et metteur en scène italien arpente le plateau, dirige 18 comédiens à la manière d’un chef d’orchestre, rugit, hurle, souffre, danse et chante en direct. Et surtout, il raconte, avec une sincérité déroutante, comment il honore la sollicitation de sa mère moribonde de créer « un spectacle sur l’Évangile » et d’ainsi offrir « un message d’amour ». Sa réponse est pétrie de révolte et de refus, face à l’Église, à ses hypocrisies, à sa morale culpabilisante et triste tout en reconnaissant la beauté, l’art et la poésie qui en découlent. Avec des voix, entendues dans des camps tziganes et de réfugiés, avec la musique d’Enzo Avitabile, il compose une messe laïque qui tresse rire, dérisoire, tendresse et respect. Elle puisera aussi dans une autre foi : le communisme. Une fresque baroque emplie d’humanité où l’extravagance et la fragilité de l’artiste claquent droit aux tripes.

 

Interprétation Gianluca Ballarè, Bobò, Zrinka Cvitešić, Pippo Delbono, Ilaria Distante, Simone Goggiano, Tatjana Hrvačić Gašparac, Mario Intruglio, Nelson Lariccia, Iva Mihalić, Gianni Parenti, Alma Prica, Vlasta Ramljak, Pepe Robledo, Grazia Spinella, Nina Violić, Safi Zakria, Mirta Zečević, Danijela ZobunĐija Texte, mise en scène et films Pippo Delbono Avec la participation dans le film des réfugiés du Centre d’accueil PIAM d’Asti Musique originale pour orchestre et choeur polyphonique Enzo Avitabile Directeur d’orchestre Gabriele Di Iorio Scénographie Claude Santerre Costumes Antonella Cannarozzi Création lumière Fabio Sajiz Traduction Anita Rochedy Production Emilia Romagna Teatro Fondazione et Théâtre National Croate de Zagreb Coproduction Théâtre Vidy Lausanne, Maison de la culture d’Amiens – Centre de Création et de Production, Théâtre de Liège Remerciements à Fabrice Aragno, Antoine Bataille, Francesca

 

ORCHIDEE

“Je peux encore écrire l’amour”, disait le poète Dario Bellezza, grand ami de Pier Paolo Pasolini, emporté par le sida. L’orchidée est une fleur extrêmement belle, mais aussi, extrêmement mauvaise, me confiait une amie, parce qu’on n’y distingue pas le vrai du faux. Exactement comme notre temps. Comme tous mes spectacles, Orchidee renferme la tentative d’arrêter un temps que je traverse. Un temps qui est mien, qui est celui de ma compagnie, des personnes avec lesquelles je travaille désormais depuis de nombreuses années, mais aussi un temps que nous traversons tous aujourd’hui : Italiens, Européens, Occidentaux, citoyens du monde. Un temps confus, dans lequel je me sens, nous nous sentons, pour la plupart, je crois, égarés… Avec la sensation d’avoir égaré quelque chose. Pour toujours. Peut-être la foi politique, révolutionnaire, humaine, spirituelle. Orchidee naît aussi d’un grand vide que m’a laissé ma mère lorsqu’elle est partie pour toujours. Ma mère que j’avais rencontrée à nouveau, après les conflits, les séparations, pour redevenir amis. Moi un peu plus mûr et un peu plus sage, elle vieillie, redevenue un peu enfant. C’est cela le vide. Ne plus se sentir l’enfant de personne. Le vide de l’amour. Mais Orchidee naît aussi de tant de vides, de tant d’abandons. Le vide que nous vivons dans la culture, dans notre vie d’artistes égarés. Le théâtre, que je perçois souvent comme un lieu devenu trop poussiéreux, faux, mort. Le mensonge convenu de la représentation théâtrale. Mais Orchidee parle également du besoin vital de remplir ce vide. Du besoin de rechercher, encore, d’autres mères, d’autres pères, une autre vie, d’autres histoires. Et alors, bizarrement, les mots “importants” du théâtre que je voulais abandonner m’ont assailli de nouveau et ont acquis une signification nouvelle, ils se sont imbriqués dans ma vie. Je crois que Orchidee représente pour moi ce besoin vital, irréfrénable, de continuer encore, malgré tout, à écrire, à parler d’amour.

Pippo Delbono

 

Mise en scène Pippo Delbono Avec Dolly Albertin, Gianluca Ballarè, Bobò, Margherita Clemente, Pippo Delbono, Ilaria Distante, Simone Goggiano, Mario Intruglio, Nelson Lariccia, Gianni Parenti, Pepe Robledo, Grazia Spinella Images et film Pippo Delbono Création Lumières Robert John Resteghini musique Enzo Avitabile et Deep Purple, Miles Davis, Philip Glass, Victor Démé, Joan Baez, Nino Rota, Angélique Ionatos, Wim Mertens, Pietro Mascagni Direction technique Fabio Sajiz, son Corrado Mazzone Lumières et vidéo Orlando Bolognesi Réalisation costumes Elena Giampaoli Régie générale Gianluca Bolla Responsable production Alessandra Vinanti Organisation Silvia Cassanelli Administration compagnie Raffaella Ciuffreda Organisation France Christian Leblanc, Traduction Danièle Jeammet et Christian Leblanc Production Emilia Romagna Teatro Fondazione, Teatro di Roma, Nuova Scena – Arena del Sole – Teatro Stabile di Bologna, Théâtre du Rond Point – Paris, Maison de la Culture d’Amiens- Centre de Création et de Production Remerciements Cinémathèque suisse-Lausanne et Touhami Ennadre