Février : 3 propositions artistiquement remarquables et jouissives

Chère Spectatrice,
Cher Spectateur,

 

Le mois de février est riche de plusieurs spectacles. Je voudrais vous inviter à accorder votre attention sur trois propositions artistiquement remarquables et jouissives de théâtre.

La première s’intitule Insoutenables longues étreintes de Ivan Viripaev. Elle est mise en scène par Galin Stoev qui est un compagnon fidèle du Théâtre de Liège : Oxygène, Genèse n°2, Danse Delhi, trois textes de Viripaev, La vie est un songe et Liliom sont les productions que nous avons montées ensemble, par le passé. Galin est aujourd’hui à la direction d’un des plus grands théâtres de France, le Théâtre de la Cité à Toulouse.

L’histoire : 4 jeunes gens sont à la recherche de la meilleure manière de se sentir le plus vivant possible. Leurs parcours singuliers les mènent à New York, ville-monde aux vibrations intenses. D’aventures en rencontres et en amours, ils sont au diapason de notre monde : à la recherche de sensations nouvelles, d’étonnement, de plaisir, mais étreints par ce sentiment diffus de ne pas être pleinement là où ils sont. Puis la vie survient, dans toute sa brutalité, sa cruauté, et c’est là, soudain qu’ils découvrent l’essentiel.

Ce texte, magnifiquement écrit et fulgurant, de Ivan Viripaev est malicieusement porté à la scène, avec humour et énergie comme un véritable road movie. Un spectacle qui vous fera voyager à la vitesse de la pensée, du 13 au 16 février 2019.

Notre second invité de marque est l’un des plus grands metteurs en scène contemporains, Krzysztof Warlikowski. Avec sa troupe d’acteurs éblouissants, il nous fait découvrir le texte de Hanokh Levin, On s’en va. Acclamé par la critique au Printemps des Comédiens à Montpellier, le spectacle est plein de tendresse et de douceur pour cette communauté de gens qui désirent tous un monde différent, mais n’arrivent pas à prendre leur destin en mains. On rit et on s’apitoie de les voir ainsi se débattre avec eux-mêmes, les uns rêvant (aussi) de New York, les autres ayant des ambitions plus modestes, mais aucun n’arrivant à mettre ses projets à exécution. Et c’est ainsi que la vie s’en va, comme le dit la chanson, « tout doucement, sans faire de bruit ». Une tendresse et une émotion à fleur de peau envahissent le plateau.

À ne pas manquer, avant une tournée internationale, pour trois dates exceptionnelles à Liège, les 22 (20h), 23 (19h) et 24 février (16h).

Enfin, la troisième proposition est une découverte : une adaptation remarquable du scénario du film de Lars Von Trier Breaking the Waves. L’histoire se passe sur une île irlandaise. Bess, une jeune femme pleine de vie, veut se marier en dehors et contre l’avis de sa communauté religieuse. Sa persuasion est telle qu’elle y parvient. Ce bonheur va pourtant être brisé par l’accident qui rendra son mari paralysé. Mais Bess l’aime plus que tout, d’un amour absolu, quasiment mystique, à l’image du milieu dans lequel elle a baigné depuis l’enfance. L’on assiste alors au chemin de croix qu’elle va emprunter sans que personne ne cherche à la sauver.

Cette production du Grand Théâtre de Luxembourg est d’une force et d’une beauté qui arrache les larmes. Avec cette histoire si peu politiquement correcte, Myriam Muller, la jeune metteuse en scène luxembourgeoise, a fait un spectacle poignant de bout en bout. Elle a surtout donné à Chloé Winkel, jeune actrice issue du l’École supérieure d’acteurs de Liège, une occasion de se révéler car elle ne quitte pas le plateau de tout le spectacle, incarnant cette Bess incandescente. Elle est entourée d’une excellente distribution, dans une scénographie belle, sobre et efficace. Du 27 février au 2 mars 2019.

Ces trois propositions vous donnent l’occasion de rencontrer des textes, des actrices et des acteurs et des formes singulières. Tous trois parlent de notre besoin d’absolu nécessaire pour croire à demain et pour pouvoir vivre encore. Alors, si vous aimez les textes, le jeu des actrices et des acteurs, la beauté des images, ne les manquez pas.

Nous vous remercions pour votre fidélité et votre attention. Nous nous réjouissons de vous retrouver bientôt au Théâtre de Liège.

 

Serge Rangoni